Votations belliqueuses…

Tiens, un petit billet politique, ça faisait longtemps.

Le 29 novembre, les Suisses sont appelés à donner leur avis sur plusieurs sujets. Les deux que je vais aborder ici sont des initiatives populaires : L’une, du GSSA, proposant d’interdire aux industries suisses de l’armement d’exporter des armes. L’autre, initiée et soutenue principalement par l’UDC, visant à interdire la construction de minarets en Suisse.

Que d’interdictions !

Ceux qui me connaissent savent ce que je vais voter, ou plutôt ce que j’ai déjà voté puisque je vote par correspondance depuis la France (et j’ai même mis cette votation à profit pour essayer le vote électronique pour la première fois).

Je suis pour une interdiction d’exporter des armes. En indécrottable pacifiste et idéaliste que je suis, je suis intimement persuadé que plus d’armes amènent plus de conflits et toutes les bonnes pratiques et intentions invoquées par les opposants de cette initiative ne changeront rien à la réalité telle que je la perçoit : les mines ne servent pas à assurer la paix. Celle-ci ne se fait pas par les armes mais s’installe quand toutes les parties en conflit déposent les fusils et entament le dialogue.

D’aucuns invoqueront aussi l’argument économique pour s’opposer à cette initiative, arguant que prendre cette direction mènera à une baisse de la production et donc des besoins en personnel, ce qui mettra maintes personnes au chômage. J’entends cet argument et j’ai sur ce sujet la même position que j’avais eue face aux grèves des buralistes français quand l’interdiction (encore une…) de fumer dans les restaurants et débits de boisson fut mise en place : l’industrie du tabac et plus encore celle de l’armement sont des marchandes de mort. Point. Mettre ces industries à mal met des gens au chômage. Cela ne tue personne. Si vous arrivez à invoquer les pertes d’emplois et les financières comme raisons valables à un maintien du statu quo, grand bien vous fasse. De mon côté, je ne peux m’y résoudre.

Concernant maintenant l’initiative visant à interdire la construction des minarets, je ne peux qu’y être opposé. Je balayerai de suite l’argument selon lequel certains pays musulmans refusant la construction de lieux de cultes chrétiens sur leur sol, nous devrions leur rendre la pareille. La loi du Talion, elle me file la nausée ! Elle pue la stupidité et le sang : la stupidité quand elle implique deux mômes dans une cour d’école, et le sang dans les conflits d' »adultes », notamment inter-religieux. Je sais que l’initiative ne veux pas interdire la construction de mosquées, mais qui voudrait d’une église sans clocher ?

J’ai lu dans un article récent que les courants qui connaissent la plus forte augmentation de fidèles dans le christianisme et l’islam sont respectivement l’œcuménisme et le soufisme, qui prônent tous deux une plus grande ouverture et un plus grand respect de l’autre. J’espère sincèrement que le résultat du vote vérifiera cet assertion.

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Quel lectorat pour le magazine Terra Economica ?

J’ai entendu parler du magazine Terra Economica pour la première fois par la sœur d’un ami (Emlyn, es-tu par là ?). J’avais mis ce nom dans un coin de ma mémoire en attendant de le trouver. Au cours d’un week-end à Nantes, en passant au Lieu Unique, j’ai acquis le numéro de septembre dernier. Voici quelques remarques, sur ce que j’ai pensé de ce premier contact avec ce magazine.

On commence par un point très positif : seulement deux publicités, pleines pages, une pour une asso écolo, une pour un fabricant de papier écolo. De ce point de vue, le prix du magazine, 4,90€, ne me dérange pas. J’aime payer pour du contenu, pas pour 50% d’encarts publicitaires.

On continue avec le gros défaut : les photos. Couleurs. Pleines pages. Pour un magazine qui se prétend « le magazine du développement durable », c’est moyen. Mais ça ne m’étonne pas plus que ça puisque quand on a commencé à parler, dans les médias, des problématiques liées à l’empreinte écologique des humains sur la planète, on entendait plutôt des expressions comme « décroissance soutenable » ou « simplicité volontaire« , toutes expressions rayées depuis du vocabulaire grand public, contrôlé par nos chers journalistes, car les idées qu’elles véhiculent mettent à mal la sacro-sainte CROISSANCE (en lettres capitales, bien sûr), désir de croissance reflété dans le titre de l’édito, « Grandir ». Sincèrement, je me contrefous du fait que les photos en question soient imprimées avec des encres végétales, donc prétendument écologiques, sur du papier recyclé. Je ne veux tout simplement pas d’un Paris-Match écolo. Et c’est l’impression que me donnent toutes ces photographies. Une photo pleine page pour présenter une expo photo, oui, pour commencer un article, définitivement non.

D’une façon générale, la qualité des textes me convient. Les titres tape-à-l’œil, par contre, me gavent particulièrement..

Un autre commentaire sur une brève, imprimée en blanc sur fond orange (très lisible), qui nous apprend que la firme Nike (aux côtés de Unilever et Canon) figure en tête du classement des entreprises les plus engagées dans la lutte contre le changement climatique (classement effectué par l’ONG Cimate Counts). Nulle mention n’est faite, dans ce billet, de la manière donc Nike se dégage de ses responsabilités vis-à-vis des conditions de travail des employés de ses sous-traitants en Asie. Pourtant, l’édito de ce numéro nous apprend, à propos des raisons qui ont poussé à la création de Terra Economica, que « [ils voulaient] proposer une nouvelle approche journalistique, mêlant vulgarisation de l’économie et thématiques sociales et environnementales ». Ah bon ? Sociales.

Un dernier commentaire sur le fait que le magazine lance un site participatif dans la veine commerciale du Web 2.0 nommé Planète Terra, visant à générer du contenu pour le magazine à moindre frais, les contributeurs n’étant, bien entendu, pas rémunérés.

En soumettant un article ou un document sur Planète Terra, les rédacteurs acceptent implicitement que celui-ci puisse, avec leur accord, être librement reproduit sur d’autres sites Internet ou en dehors d’Internet par d’autres médias. Les contributions sont adressées par les internautes sur une base bénévole. Leur publication ne donne donc pas droit à une rémunération. Sauf avis contraire clairement exprimé lors de leur inscription, les rédacteurs qui possèdent un blog acceptent également qu’un article déjà publié sur leur blog ou leur site web puisse éventuellement y être reproduit (en demandant l’autorisation à chaque fois).

Conclusion, à toutes les personnes intéressées par le développement durable (et/ou par la simplicité volontaire et la décroissance soutenable), je ne saurais que trop vous conseiller d’aller faire un tour sur le site Ekopedia, qui fonctionne sur le même principe que la Wikipedia, et d’éviter comme la guigne Terra Economica et son idée d’une amélioration light du monde, visiblement destinée aux bobos écolos en mal de bonne conscience. Pour paraphraser ([MODIF]raaah, ce n’est pas du tout une paraphrase… mais je n’arrive pas à retrouver le terme[/MODIF]) Dr. Evil, I would say :

Cause you’re not quite ecologic enough. You’re semi-ecologic, you’re quasi-ecologic, you’re the margarine of ecology, you’re the diet coke of ecology, just one calorie, not « ecological » enough!

Je sais, je suis méchant.

Rosebud.

PS: En plus les sites Terra Economica et Planète Terra sont moches. :-p

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L’émission C’est pas sorcier promeut la guerre.

Bravo le service public. Je suis devant C’est pas sorcier et je profite d’une émission inutile sur le fonctionnement d’un porte-avions. J’ai écrit un courriel à l’émission :

Bonjour,

D’une part, je trouve de mauvais goût de traiter le sujet de la guerre, puisqu’un porte-avions est un engin de guerre, avec le ton enjoué habituel de l’équipe présentatrice. Ton enjoué par ailleurs fort appréciable sur d’autres sujets. Je ne suis pas certain, qu’aujourd’hui, les enfants aient besoin d’apprendre le fonctionnement d’un porte-avions.

D’autre part, l’évocation du système de production de vapeur du Charles De Gaulle ne fait à aucun moment mention du fait que le nucléaire produit des déchets dont les descendants des enfants qui regardent votre émission devront encore s’occuper dans 50 ou 100 siècles.

Le Groupe pour une Suisse Sans Armée a un adage : L’armée, ça tue, ça pollue et ça rend con.

Voilà, le ton employé dans mon courrier est un peu violent mais j’estime que le monde ne peut pas avancer dans la bonne direction si on continue de bourrer le crâne de nos têtes blondes (et noires, et brunes, et frisées, et chauves, etc) avec des sujets sur des engins inutiles, comme les voitures de courses ou les engins de guerre.

Cordialement (quand même :)),
Raphaël AJ

La réponse immédiate suit :

Bonjour,

Toute l’équipe de « C’est pas Sorcier » vous remercie de l’intérêt que vous portez à l’émission.

Nous recevons beaucoup de mails. C’est une joie pour nous. Mais nous ne parvenons pas à répondre à toutes vos demandes. C’est la raison pour laquelle vous recevez cette réponse automatique.

Nous avons créé le site internet à partir des questions que vous nous posez le plus couramment.

Les références et les informations que nous pourrions vous transmettre sont en ligne, à la rubrique « Toutes nos émissions ». Vous les trouverez en cliquant sur le titre de l’émission qui vous intéresse. Elles sont classées par ordre thématique. Vous pouvez également y avoir accès grâce au moteur de recherche qui se trouve en haut de page.

Nous espérons que vous y trouverez votre bonheur !

Bien cordialement,

L’équipe de C’est pas sorcier

Bravo.

Shaolin Soccer, ça vous parle ?

L’année dernière, je me suis offert un numéro de L’Express qui contenait un dossier spécial 2025 avec un bon nombre d’articles écrits comme si on y était déjà. Je ne suis pas grand fan de football mais mon article préfèré reste un reportage (fictif donc) sur un match de 2025. J’ai eu le plaisir de découvrir que l’article en question est consultable dans son intégralité sur le site du magazine. Je vous conseille de le lire, vous passerez vraiment un bon moment.

Et tout ça pour un euro…

Aujourd’hui, je suis allé faire des courses. Je suis d’abord passé dans une superette asiatique où j’ai pris un carton de nouilles et du tofu. Je suis ensuite passé au supermarché d’à côté. J’ai pris un caddie dans lequel j’ai mis un euro.

Après mes courses, au moment de ranger le caddie en question, je me rends compte que ce n’est plus le même. Celui que j’ai récupèré contenait un jeton, trop gros d’ailleurs et donc impossible à récupérer. Ce qui est formidable, quand même, c’est que mes courses ont été transferées d’un chariot à l’autre et dans la même configuration… Pour un euro.

Il faut vraiment ne plus rien avoir à bouffer pour utiliser un stratagème aussi compliqué, et astucieux, pour gagner une si petite somme. C’est triste.